Histoire du Parti libéral du Canada (Québec)

Étant un des peuples fondateurs du Canada et en tant que formidables acteurs culturel, économique et politique, les Québécois ont toujours joué un rôle créatif et décisif dans l’édification du Canada d’aujourd’hui. Depuis les débuts de la Confédération, le Parti libéral du Canada a toujours agi afin de promouvoir les intérêts des Québécois et Québécoises, ainsi que ceux de tous les Canadiens et Canadiennes à la Chambre des communes à Ottawa. Il s’est ainsi créé des liens historiques privilégiés entre, d’une part, le Parti libéral du Canada et le Québec et, d’autre part, entre le Québec et le reste du Canada. C’est ce mélange « du Parti, du Québec et du Canada » qui fut si fondamental pour la définition d’un pays bilingue et multiculturel, fondé sur les valeurs libérales de tolérance, de compassion et d’acceptation de la diversité.

De 1867 à 1896

Dès les débuts de la Confédération jusqu’à la fin du 19e siècle, il s’est lentement construit une relation solide entre le Québec et le Parti libéral du Canada. Il est souvent arrivé que les sièges détenus par des Québécois à la Chambre des communes constituaient 25 % des sièges détenus par les libéraux. Deux chefs libéraux, Alexander Mackenzie et Edward Blake, ont dès le début compté sur l’appui des députés québécois au Parlement et sur leur aide au conseil des ministres. Au nombre des libéraux qui faisaient leur ascension au Québec à cette époque, se trouvait Wilfrid Laurier, une étoile montante dans le firmament politique du Québec. Laurier remporta sa première victoire en 1874, ce qui contribua à augmenter la représentation libérale du Québec au Parlement et fit passer le nombre de députés de 34 en 1874, à 49 en 1896, et leur pourcentage de sièges de 26.6 à 41.9. Laurier joua aussi un rôle très important dans la définition des principes que le Parti représentait. En choisissant Laurier comme chef, les membres du parti ont créé un véritable parti national, ce qui est tout à leur honneur. Laurier, en retour, solidifia le caractère pancanadien du Parti en y intégrant des députés québécois et en tenant sa première convention nationale.

De 1896 à 1921

Au cours des 61 années suivantes, il n’y eut aucune élection où le Parti libéral du Canada n’obtint pas au moins 36 sièges provenant du Québec. En pourcentage du nombre total de sièges libéraux, le Québec ne descendit jamais plus bas que 35 %. Tous les premiers ministres libéraux de cette époque comptaient beaucoup sur les 50 à 60 sièges que leur accorderaient les électeurs québécois. Grâce au pouvoir substantiel que détenait le Québec à Ottawa, tous les premiers ministres libéraux purent s’assurer que les intérêts du Québec soient bien reflétés dans les politiques fédérales.

Grâce à l’aide d’un groupe imposant de députés québecois, Wilfred Laurier réussit à maintenir le contrôle de la Chambre des communes de 1896 à 1911. À leur tête, se trouvait un futur chef de la politique fédérale, Ernest Lapointe, qui se distingua en tant que député de Kamouraska. Les politiques innovatrices libérales du temps de Laurier furent tout aussi bénéfiques au Québec qu’au reste du Canada. L’expansion du Canada vers l’Ouest grâce à un programme d’immigration en provenance d’outre-mer et le prolongement rapide du chemin de fer, aidèrent l’industrie québécoise à prospérer et le niveau de vie des Québécois s’améliora de façon substantielle. Laurier ne se trompait donc pas lorsqu’il déclarait que le 20e siècle serait le siècle du Canada dans lequel un Québec et un Canada forts prospéreraient sous la gouverne du Parti libéral du Canada.

La paix s’en alla avec le départ des libéraux. Avec l’arrivée au pouvoir du conservateur Robert Borden en 1911, les libéraux durent siéger dans l’opposition pendant les années tumultueuses de la Première Guerre mondiale. L’élection très controversée de 1917 qui portait sur la conscription, opposa les libéraux de Laurier aux conservateurs et aux partisans de la conscription, et vit le Parti libéral du Canada s’aligner de plus en plus sur les intérêts du Québec. En effet, les libéraux remportèrent 61 des 65 sièges du Québec à l’élection de 1917 (par rapport à 82 dans tout le reste du Canada), ce qui donna au Québec un poids énorme dans la formulation des politiques du parti afin qu’elles reflètent les préoccupations du Québec. Mackenzie King, qui avait pris parti pour les libéraux de Laurier qui s’opposaient à la conscription, saisit l’importance de l’unité nationale et celle du rôle que jouait le Québec dans la Confédération canadienne.

De 1921 à 1957

Lors de l’élection d’après-guerre de 1921, on vit le Québec se ranger carrément du côté des libéraux. En effet, de 1921 jusqu’à 1957, les libéraux dominèrent au Québec, le Québec domina à l’intérieur du Parti libéral du Canada et le Parti libéral du Canada domina à Ottawa. Le Premier ministre King s’assura que l’union entre le Canada français et le Canada anglais soit solidifiée par des politiques qui émanaient des libéraux. Sous Mackenzie King, le Québec fut, en effet, bien représenté au conseil des ministres. La relation qui s’était établie entre King et Lapointe personnifiait bien l’union Français-Anglais que Laurier souhaitait voir représentée par le Parti libéral du Canada. Leur compréhension commune de l’importance de l’unité nationale facilita l’entrée en guerre d’un Canada uni durant la Deuxième Guerre mondiale en 1939. Durant la guerre, King dirigea l’effort de guerre du Canada et planifia la paix avec l’aide de son lieutenant du Québec, Louis Saint-Laurent. À mesure que les soldats Canadiens tombaient sur le champ de bataille, King et Saint-Laurent concentrèrent leurs efforts à éviter une crise sur la conscription comme celle qui avait eu lieu pendant la Première Guerre mondiale sous le régime du gouvernement conservateur de Borden. King trouva une formule : « Pas nécessairement la conscription, mais la conscription si nécessaire » disait-il. Cette solution, ainsi que l’étroite collaboration entre Saint-Laurent et les autres députés libéraux du Québec, aideront à éviter un schisme entre le Canada français et le Canada anglais.

La guerre donna aussi aux libéraux l’occasion de planifier ce que serait le monde de l’après-guerre et qui fut, en fait, bien différent de celui de l’avant- guerre. À l’échelle nationale, l’unité nationale demeurait l’enjeu prioritaire de King. Un grand nombre de politiques nouvelles qu’il mit sur pied à partir de 1943, visèrent à solidifier l’unité nationale partout au pays et comprirent plusieurs mesures innovatrices, dont une nouvelle politique monétaire, une sécurité sociale élaborée, la réinsertion sociale des anciens combattants, la création de la Banque du développement du Canada, le Programme national de l’habitation et la Loi sur les prêts destinés aux améliorations agricoles. À l’échelle mondiale, King chercha à établir un équilibre entre les pressions qui émanaient du Canada français et du Canada anglais relativement au rôle que le Canada devrait jouer dans le monde.

En 1947, le Secrétaire d’État aux Affaires extérieures, Louis Saint-Laurent, exposa les principes directeurs du rôle que devait exerçer le Canada dans le monde, principes dont un grand nombre s’appliquent encore de nos jours. Saint-Laurent prévoyait que le Canada aurait une part active dans le monde, dans laquelle la politique étrangère serait axée sur l’unité nationale, la liberté politique, la primauté du droit, les valeurs chrétiennes et la responsabilité internationale. Lorsque Saint-Laurent succéda à King comme Premier ministre du Canada, les libéraux continuèrent de travailler à unifier le Canada anglais et le Canada français. Le gouvernement fédéral mit au point des politiques nationales de grandes importances, notamment l’élaboration de la pension de la vieillesse, de l’assistance-vieillesse, des allocations aux aveugles, l’élargissement des subventions à l’hygiène, la promulgation de la Loi sur les invalides et la construction de la route transcanadienne et de la Voie maritime du Saint-Laurent.

De 1963 à 1984

Les conservateurs de John Diefenbaker furent au pouvoir de 1957 à 1963. Durant cette période, les libéraux avec en tête leur nouveau chef, Lester B.Pearson, entreprirent une réforme en profondeur de leur parti. Par leur « Conférence des idées », les libéraux élaborèrent de nouvelles approches en matière de bien-être social et d’affaires internationales. Cependant, la question de l’unité nationale demeurait au premier plan des préoccupations pour Pearson et ses collègues. C’est pour cette raison que dès le retour au pouvoir des libéraux en 1963, Pearson mit sur pied la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le multiculturalisme, afin de vérifier l’état des relations entre le Québec et le Canada. Conscient de l’importance qu’il y avait de garder un Québec fort dans un Canada prospère, Pearson, aidé par un groupe éminent de députés fédéraux, dont faisaient partie trois des futurs chefs du Parti – Pierre-Elliott Trudeau, John Turner et Jean Chrétien – acceptèrent les conclusions de la commission qui demandait une « confédération canadienne fondée sur le principe d’un partenariat d’égal à égal entre les deux races fondatrices ».

Par la suite, Pearson entama le long processus conduisant à la promotion du bilinguisme dans la fonction publique, à l’élaboration d’une Déclaration des droits élémentaires visant à protéger la langue française, et à l’établissement du principe de « fédéralisme coopératif » voulant que les gouvernements fédéral et provinciaux travailleraient étroitement à l’élaboration et à l’adoption de politiques publiques dans des domaines tels que celui des soins de santé (la Loi sur l’assurance-maladie en 1966 ) et celui de l’éducation ( l’accès universel créé par le programme de prêts aux étudiants ). Enfin, ce sont Pearson et le gouvernement libéral qui donnèrent au Canada son drapeau, puissant symbole de l’unité nationale. Ces politiques étaient décisives pour que le Québec aient une voix puissante à l’intérieur du Parti libéral et pour qu’il occupe une place forte dans le Canada. Sous la conduite de Pearson, le Québec envoya 47 députés libéraux à Ottawa et 57 en 1967, détenant ainsi 36 % et 43 % respectivement des voix à la Chambre des communes.

Lorsque Pearson se retira en 1967, c’est Pierre-Elliott Trudeau qui prit la relève à la tête du Parti libéral du Canada. Ce dernier poursuivit le travail des libéraux de Pearson à l’égard de l’unité nationale. Le projet principal de Trudeau consistait en la création d’une « société juste » partout au Canada. De plus, il appuya fortement le programme national sur les soins de santé et ceux qui portaient sur le développement régional mis en place par ses prédécesseurs. Sous sa gouverne, le Parlement canadien promulgua aussi la Loi sur les langues officielles ainsi que la politique sur le multiculturalisme.

La réponse prompte et efficace de Trudeau lors de la crise du FLQ n’a pas eu d’effet négatif sur l’opinion publique, que ce soit au Québec ou partout ailleurs au Canada. Au contraire, Trudeau augmenta de façon importante l’emprise du Parti sur les sièges du Québec, en remportant 57 sièges aux élections de 1968, 56 en 1972, 60 en 1974, 67 en 1979 et presque tous les sièges en1980, soit 74. Toutefois, les plus grands accomplissements de Trudeau furent sans nul doute le rapatriement de la Constitution canadienne et la création de la Charte des droits et libertés en 1982. Trudeau croyait que le Canada devait avoir le contrôle sur sa constitution s’il voulait demeurer unifié. En conséquence, il fallait élaborer une constitution qui soit canadienne ainsi qu’une charte des droits et libertés conçues par des Canadiens et Canadiennes, pour les Canadiens et Canadiennes.

De 1984 à 1993

Après 21 ans de règne libéral, le chef conservateur Brian Mulroney réussit à devenir Premier ministre en 1984. Lors de cette élection, le Parti libéral du Canada ne conserva que 40 des sièges nationaux, mais le Québec maintint une voix forte dans le Parti, en tenant 43 % de tous les sièges libéraux au Parlement. Une nouvelle équipe de députés libéraux du Québec, ayant en tête Jean Chrétien et Paul Martin, menèrent une opposition efficace comme députés à la Chambre. Malheureusement, ce qui fut appelé « l’élection du libre-échange » de 1988 vit le nombre de députés libéraux québécois descendre à son plus bas niveau, avec seulement 12 sièges. En conséquence, le poids des libéraux québécois décrût considérablement, passant de 43 % qu’il était en 1984 à seulement 15 % en 1988. La lutte à la chefferie du Parti entre deux Québécois, Jean Chrétien et Paul Martin, en 1990, amena le Parti à réviser son approche et sa direction politique générale. Ainsi, en 1993, le Parti libéral du Canada était une fois de plus prêt à présenter une nouvelle vision pour le pays.

De 1993 à 2006

L’inaptitude des conservateurs à défendre leur neufs années d’incompétence et de mauvaise gestion à la tête du pays et le programme sur les politiques adroitement conçu par Jean Chrétien et Paul Martin (le Livre rouge), conduisirent à une éclatante victoire pour le Parti libéral du Canada aux élections de 1993. Et bien que le Québec ne remporta que 19 sièges pour les libéraux, ce résultat ne diminua en rien l’influence que le Québec avait sur le développement de politiques, puisque le Premier ministre Jean Chrétien et le Ministre des finances Paul Martin avaient été élus par des Québécois et Québécoises et qu’ils représentaient les intérêts du Québec avec cœur et persévérance.

En outre, l’expertise de Martin en matière de fiscalité habilita le gouvernement fédéral à commencer le remboursement de la dette nationale, tout en augmentant de manière rationnelle l’investissement dans les programmes sociaux. Sur le plan social, Chrétien ouvrit le débat sur le mariage gai et initia des politiques progressives certains domaines, tels que le système de justice pour les jeunes et l’usage de marijuana pour fins médicales. C’est grâce à des efforts semblables que Jean Chrétien réussit à augmenter le nombre de sièges québécois à 36 en 2000, sa dernière élection. Mais comparativement à la prédominance légendaire des Québécois dans les rangs des députés libéraux au Parlement, ce nombre demeurait encore sous la barre des sièges habituels dans un gouvernement majoritaire. Cependant, malgré ce faible nombre de membres élus du Québec, un nombre disproportionné de Québécois se retrouvèrent malgré tout parmi le conseil des ministres pendant la période de 1993 à 2003. Ce phénomène illustre très clairement jusqu’à quel point Chrétien et le Parti libéral du Canada firent une place importante au Québec à l’intérieur du gouvernement fédéral canadien.

L’événement marquant du règne de Chrétien fut sans doute le référendum de 1995. Ce fut une grande épreuve, non seulement pour le Parti libéral du Canada, mais bien plus encore pour le pays lui-même. En effet, une coalition de souverainistes socialistes, néo-libéraux et conservateurs réussirent à mobiliser une importante portion de la population québécoise à l’idée qu’ils seraient en meilleure position pour protéger leur culture et leurs intérêts économiques en se séparant du pays que leurs pères et grands-parents avaient travaillé à édifier, abandonnant ainsi à leur sort un million de francophones et l’ensemble de leurs concitoyens canadiens. À l’instar de ce que les hommes d’État courageux font en temps de crise où l’existence même du pays qu’ils gouvernent est en jeu, Jean Chrétien et le Parti libéral du Canada mirent tout en jeu afin de maintenir l’unité du pays. Ceci conduisit à une grande mobilisation à travers le pays, à laquelle des millions de Québécois et de Canadiens participèrent afin de défendre ardemment la position éminente et la place qui revient au Québec dans le Canada.

Le résultat du référendum s’avéra très serré, compte tenu de la nature vague de la question qui était posée. Mais, en fin de compte, les souverainistes perdirent et les Québécois purent continuer à exercer leur influence positive sur la politique fédérale. Comme l’avaient fait les premiers ministres libéraux qui l’avaient précédé, Jean Chrétien a continué de promouvoir les intérêts du Québec dans un Canada uni et représenta intelligemment les préoccupations et les valeurs des Québécois et Québécoises lorsqu’il refusa de se joindre à la Grande-Bretagne et aux États-Unis d’Amérique lors de leur invasion de l’Irak en 2003. De plus, l’ambiguïté de la question posée pendant le référendum de 1995 amena le gouvernement fédéral à adopter la Loi sur la clarté en 2000. Cette loi visait à garantir que, advenant un autre référendum, la question posée devrait être claire, ne laissant aucun doute sur le nombre de votes requis pour atteindre une majorité suffisante. Les Québécois ne devraient jamais être appelés à se prononcer sur une définition vague de « souveraineté-association » et les libéraux du Québec virent à ce que cette situation ne se reproduise plus. En effet, il devint clair que sans le Québec, il n’existerait plus de Canada avec lequel s’associer : Pas de Québec, pas de Canada !

Avec la retraite de Jean Chrétien en 2003, Paul Martin, député du Québec, prit la direction du Parti libéral du Canada et devint par là même Premier ministre du Canada. En 2004, il mit son leadership à l’épreuve d’une élection et fut réélu au Parlement avec un gouvernement minoritaire, le premier depuis 1979 et la première minorité libérale depuis 1972. Le nombre de sièges du Québec a décliné en 2004, passant à 21, mais Martin a néanmoins ajouté plusieurs membres du Caucus québécois à son Cabinet. Martin a également développé un portfolio impressionnant de politiques progressives, telles que la subvention des municipalités, le mariage entre conjoints du même sexe, les congés parentaux, l’infrastructure, le développement économique régional et les soins de santé. Toutes ces réalisations rappellent le model de “fédéralisme coopératif” de Pearson, alors que Martin a collaboré de près avec les provinces, surtout avec Québec, dans le développement et l’implémentation de programmes nationaux innovateurs.

En novembre 2005, en raison de la décision du Bloc Québécois et du NPD de soutenir les Conservateurs de Stephen Harper et de voter contre le gouvernement minoritaire de Paul Martin, les canadiens et canadiennes ont été contraints de retourner aux urnes pour la deuxième fois en moins de deux ans. Après avoir mené une campagne forte basée sur treize ans de politiques progressives et responsables, le Parti Libéral du Canada perdit les élections et les Conservateurs furent élus avec un gouvernement minoritaire le 23 janvier.

Le soir même, le chef du Parti, Paul Martin, démissionna, lançant un processus de renouveau, tant au niveau du leadership qu’au niveau des structures même du Parti. Au cour du printemps, de l’été et de l’automne 2006, les membres du Parti ont développé et débattu de nouvelles politiques et ont participé à une campagne à l’investiture des plus dynamiques où 11 candidats se sont présenté pour la poste de chef du Parti Libéral de Canada. Le Congrès d’investiture et biennal qui se teindra à Montréal, en décembre 2006, permettra au Parti Libéral du Canada d’être fin prêt pour une nouvelle élection, au Québec et à travers le pays.

Les liens qui ont toujours unis les libéraux, le Québec et le Canada sont impressionnants ! Depuis l’unification des libéraux francophones et anglophones sous Laurier, le Parti libéral du Canada a été le parti politique de la collaboration entre francophones et anglophones. Et cette vision de collaboration et de cohabitation entre Canadiens français et Canadiens anglais à laquelle Laurier souscrivait, tous les premiers ministres libéraux qui sont venus après lui y ont adhéré. En fait, les Québécois ont toujours compris le rôle que le Parti libéral a exercé pour maintenir la prédominance du Québec dans la politique canadienne. C’est pourquoi ils ont si souvent choisi d’élire des libéraux québécois pour les représenter à Ottawa, s’assurant ainsi que le Québec continuerait d’avoir une voix forte à la fois dans le caucus libéral et au conseil des ministres. Cette tradition de leadership québécois à l’intérieur du Parti libéral du Canada est tellement forte que cinq premiers ministres canadiens furent des Québécois. En somme, le Parti libéral du Canada, les Québécois et les Canadiens ont toujours bénéficiés du lien qui les uni. Grâce au dynamisme des libéraux québécois, les Québécois sont en mesure aujourd’hui de proclamer que le Canada est leur Canada, leur création, de concert avec les autres peuples et cultures qui font la diversité et la richesse de notre magnifique pays.